AG du 1er avril 2017

 

Assemblée Générale du 1er avril 2017 : RAPPORT MORAL

 

 

Une fois encore, en commençant ce rapport moral, je voudrais rappeler à notre mémoire celles et ceux qui nous ont quittés cette année. En 2016, il y a eu 108 services funèbres dont 27 concernaient des paroissiens bien connus très engagés dans la vie de notre Eglise et de nos paroisses, 87 autres étaient moins connus mais avaient désiré être ensevelis selon notre rite.

  1. Les mouvements pastoraux :

 a) Les départs

- Comme cela avait été annoncé lors de la dernière Assemblée Générale, le pasteur Denis Muller a cessé son activité d’aumônier des maisons de retraite le 1er juillet 2016.

- Le pasteur Jean-François Breyne a également quitté notre Eglise après 14 années de ministère, pour répondre à l’appel de la paroisse luthérienne de Saint-Jean à Paris, dans le 17ème arrondissement.

b) Les arrivées

- Celle prévue le 1er juillet 2017 du pasteur Titia Es Banti au poste de Nîmes Sud Ouest Saint Césaire.

  1. Notre Église en chiffres :

Pour cette année, le nombre des membres de l’association cultuelle a augmenté de 54 (594 au lieu de 540), ce qui est plutôt une bonne nouvelle, par contre le nombre de cotisants et de membres d’Eglise poursuit sa lente érosion avec, en particulier, un nombre de foyers cotisants qui est passé de 629 à 594, soit une perte de 35 foyers pour cette année.

  1. La vie de notre Église depuis la  dernière AG :

Depuis plusieurs années, je vous fais un compte-rendu exhaustif de tout ce qui se passe dans nos paroisses et dans notre Eglise. Cette année je vais déroger à cette règle pour 2 raisons :

- 1) Il n’y a pas eu de bouleversements fondamentaux depuis l’an dernier.

- 2) J’ai bien conscience que cette énumération des activités, répétée tous les ans, tourne un peu à une litanie, fastidieuse à entendre pour vous et à répéter pour moi.

Je préfère donc cette année vous parler plus d’avenir que de présent ou de passé.


Pour faire court :

Le travail de nos paroisses en secteurs, secteur Centre ville et secteur Couronne a pris sa vitesse de croisière. Chaque secteur évolue à son propre rythme. Bien entendu des nouveautés ici ou là tel le culte café croissant à la Fraternité qui est une excellente initiative, à poursuivre, pour ne nommer que lui.


 

Nous fonctionnons toujours à partir des 4 axes de présence dans le monde, tels qu’ils avaient été définis en 2009. Je vais dire quelques mots à propos de chacun d’entre eux :

  1. Axe aumônerie :

Au CHU, les pasteurs Christophe Amedro et Lionel Tambon poursuivent leur mission d’accompagnement des malades et de leurs familles, de collaboration éthique avec les équipes médicales et paramédicales et de formation et soutien des équipes de visiteurs.
Dans les maisons de retraite, depuis le départ de Denis Muller, nous avons la chance de pouvoir bénéficier du soutien de Martine Fouchier, pour la plus grande satisfaction de tous. Sa mission doit se terminer au 1
er juillet 2017. Nous avons cependant de bonnes raisons de penser que nous aurons un nouvel aumônier dès juillet 2017 pour reprendre cet important ministère. En effet notre Conseil presbytéral doit prochainement rencontrer le pasteur Nicolas Blanc qui a fait acte de candidature pour ce poste. Si, après sa rencontre avec le Conseil presbytéral, sa candidature est retenue, il pourrait entrer en fonction dès le 1er juillet 2017.

  1. Axe jeunesse :

Pas de grande modification par rapport à l’an dernier, si ce n’est une plus forte collaboration avec l’Eglise de Montpellier dans l’organisation des camps où les jeunes des deux Eglises se retrouvent, créant une incontestable dynamique. Par exemple, le dernier camp de ski a été fréquenté par 45 enfants et adolescents et les organisateurs ont même dû refuser des demandes d’inscription faute de place. Aurélie Dumas-Lairolle est très satisfaite, bien épaulée et soutenue par Eliette Sihol et Aurélien Bargat comme animateurs, ainsi que par les membres du Conseil d’animation jeunesse.

  1. Axe accompagnement et soutien :

Là encore, peu de modifications par rapport à l’an dernier avec toujours des difficultés à mettre en place une équipe d’accompagnement des grands aînés. Il faut dire que le plus souvent cette problématique est réglée au sein de chaque paroisse.

  1. Axe Bible et Cité :

Avec ses enjeux théologiques et culturels, et sa situation géographique, la Maison du Protestantisme  reste, et elle est de plus en plus une ruche bourdonnante. Les activités y sont très nombreuses et l’accueil toujours aussi important. C’est le lieu le mieux repéré de notre Eglise par nos concitoyens. Sa situation au cœur de la ville touristique la rend également attractive pour les nombreux touristes qui visitent notre cité.


 


J’en resterai là pour cette année car je voudrais à présent que nous nous projetions dans l’avenir. Mais avant cela, il nous faut d’abord savoir revenir aux grands fondamentaux et répondre à deux interrogations toute simples : Qu’est ce que l’Eglise ? Et, à quoi sert-elle ?

Pour le Protestantisme, l’Eglise se définit d’abord par un événement.
Mais comment comprendre cela ?

A cette question, l’Union nationale au titre des principes ecclésiologiques déclare dans ses statuts :

«  La réalité visible de l’Eglise apparait dans les assemblées des fidèles où la parole de Dieu est droitement annoncée et reçue, les sacrements du baptême et de la Sainte Cène fidèlement administrés et reçus »

A la deuxième question, à quoi sert-elle ? André Gounelle dans son petit livre « Les grands principes du Protestantisme » dit qu’il y a trois réponses possibles, non exclusives les unes des autres, à mon avis :

  • Annoncer et enseigner la parole de Dieu

  • Former une communauté où des frères et des sœurs apprennent à se connaitre, à s’aimer, à vivre ensemble dans le partage des joies et des peines.

  • Etre l’instrument dont Dieu se sert pour transformer le monde.

Pour lui l’esprit de la Réforme oriente plutôt vers la première réponse, je le cite : « dans la vie chrétienne, l’Eglise représente l’instant essentiel et fondamental de l’écoute de l’Evangile. Cette écoute, si elle est fidèle, doit conduire à un engagement dans des mouvements et des œuvres qui se réclament ou non du Christ ». Il poursuit plus loin :  «Il me faut entendre la Parole, et, là, je suis dans l’Eglise. Il me faut ensuite en sortir, aller ailleurs pour mettre en pratique cette Parole ». Fin de citation.

Il est bien évident cependant, qu’il semble extrêmement difficile, pour l’Eglise, de vouloir se limiter à la seule première fonction. En effet, pour être parole vivante, la Bible doit être écoutée, partagée, commentée dans le cadre d’une assemblée. Si les membres de cette assemblée poursuivent en commun ce même but, et c’est bien ici le cas, ils forment une communauté qu’il importe de faire vivre et grandir autant que faire se peut.

La lecture de la Bible, seul, même si elle est utile, n’est pas suffisante. Une confrontation de ses propres réflexions avec celle des autres est nécessaire, dans le cadre d’une communauté de fidèles qui constitue l’Eglise.

Dans un livre qui vient de paraitre aux Editions Bayard : «  Protestants, Catholiques ce qui nous sépare encore » cosigné par François Clavairoly et Michel Kubler, François Clavairoly insiste sur le fait que, je le cite, « il n’y a pas d’autre lecture autorisée de la Bible qu’une lecture d’Eglise. Cela signifie que le sujet, l’individu croyant n’est pas seul : il fait partie d’une communauté de foi qui est une communauté de lecteurs et c’est dans ce cadre qu’il fait acte de lecture ».

L’Eglise a donc bien une dimension communautaire qu’il convient de ne pas négliger. Tout à l’heure Jean-Christophe Muller nous entretiendra de cela et des premières réflexions de la Commission prospectives et évaluation et des membres du Conseil presbytéral sur ce thème qui sera l’objet de notre prochain synode régional.

Mais poursuivons : être fidèle à l’Evangile, n’est-ce pas également accomplir la volonté du Père ? Si l’on en croit la parabole du père et de ses deux fils telle qu’elle nous est contée dans Matthieu 21, il apparaît clairement qu’accomplir la volonté du Père est plus dans le faire que dans le dire. Dès lors notre Église peut-elle totalement s’exempter de cette dimension qui fait également partie de sa mission?

Bref, nous voyons bien que, même si la fonction première de l’Eglise est d’annoncer et d’enseigner la parole de Dieu, elle ne peut totalement s’exempter des autres missions qui lui sont si étroitement liées.

Toute la difficulté se trouve dans la nécessité de bien savoir positionner les différents curseurs en fonction de ce qui paraît important, mais également possible de faire.

Savoir faire communauté pour que la Bible soit lue dans la fidélité, savoir s’accomplir dans le service, et enfin et surtout, savoir annoncer au monde le message d’espérance dont nous sommes porteurs, avec des mots, des actes, des gestes capables de toucher le cœur de nos contemporains, leur donner envie de se mettre en marche avec nous, voilà bien les défis que nous devons relever.

Tout au long des presque 500 ans de notre histoire, il en a toujours été ainsi. A chaque époque sa façon de répondre à ces mêmes questions pour essayer de vivre l’Évangile dans la fidélité.

Rester fidèle, non à la lettre de ce qui a été fait ou écrit, mais à l’Esprit qui nous anime. Pour cela, notre Eglise est appelée à se renouveler sans cesse, à toujours s’adapter au monde qui l’entoure, à ne pas être « hors sol », mais bien ancrée dans la réalité. Elle doit chercher sans fin à s’ attacher à dire en quoi Jésus-Christ est encore et toujours une bonne nouvelle pour l’homme et pour le monde, affirmer que cela n’est pas vide de sens, mais peut et doit être une incitation forte à l’engagement et à l’action.


 

Comment faire cela sinon dans le cadre d’une communauté active et dynamique, capable de s’assembler pour faire Eglise, puis s’ouvrir ensuite largement sur le monde.

Lors du dernier synode régional à Sète en novembre 2016, le pasteur Jean-Pierre Julian, nouveau Président du Conseil Régional de l’Eglise Protestante Unie de France en Cévennes-Languedoc-Roussillon s’exprimait en ces termes : « si nous nous ouvrons d’une manière plus large à toutes ces personnes que Dieu nous envoie, cela nécessairement va nous obliger à changer notre manière de penser et de vivre l’Eglise, cela va nous encourager à penser la communauté chrétienne d’une manière autre ». Il rappelait ce propos dans la lettre circulaire qu’il a envoyée aux différents Conseils presbytéraux de notre région, lettre qui accompagne la feuille de route proposée pour aborder le sujet synodal de 2017, auquel je faisais allusion il y a quelques instants : « Comment être et faire communauté », réflexion qui s’inscrit dans le cadre des évaluations des chartes de nos ensembles en Cévennes-Languedoc-Roussillon.


 

  1. Faire communauté pour annoncer et vivre de la Parole, dans nos paroisses, mais également entre elles et en dehors d’elles ! Jean Christophe fera tout à l’heure le point sur l’état de nos réflexions. Je n’en dirais donc rien.

  2. Faire de cette communauté un instrument utile à l’annonce de la bonne nouvelle de l’Évangile. Pour cela nous devons oser explorer des voies nouvelles, tant dans notre façon de dire l’Évangile que dans celle de pratiquer nos cultes.

Rassurez vous, il n’est pas question là de vouloir révolutionner totalement nos habitudes. Elles ont leur raison d’être et leur pertinence, mais sont-elles totalement immuables ? Ne serait-il pas possible, tout en gardant ce qui fonctionne bien, de laisser une place, à l’innovation pour mettre à l’aise l’autre, celui qui ne connait pas nos habitudes et qui pourtant désire faire route avec nous ? Ne serait-il pas alors judicieux d’oser emprunter avec lui des routes nouvelles que nous découvririons ensemble ?

  1. Etre un instrument de Dieu dans le monde. Cela semble bien prétentieux me direz vous et sans doute aurez-vous en grande partie raison. Cela nécessite bien entendu de prendre en compte la réalité de ce que nous sommes avec lucidité, humilité et, oserais-je le dire, une certaine dose d’humour bien utile à avoir pour continuer à poursuivre dans cette voie sans se laisser aller parfois au découragement.

Nous ne sommes détenteurs d’aucune vérité, mais nous sommes porteurs d’une espérance. C’est de notre rencontre avec Jésus-Christ que naît cette espérance. Lorsque l’on dit cela à quelqu’un qui partage cette conviction, c’est facile, mais comment le dire et montrer à ceux, très nombreux, qui ne sont pas dans cette démarche, en quoi cette rencontre a changé notre vie ?

Nous vivons, actuellement en Europe, une période intense de déchristianisation. Si l’on en croit Margot Kassman, l’ambassadrice des 500 ans de la Réforme, en Allemagne, citée par le journal éponyme, il ne resterait plus que 7% de Chrétiens dans la ville d’Eisleben où est né Martin Luther et 15% à Wittenberg. En France il y a fort à parier que nous ne sommes pas loin de ces pourcentages. Pourtant, nos compatriotes auraient, selon les médias, toujours d’importantes préoccupations spirituelles. Ils considèreraient cependant que les « vieilles églises » ne donnent pas de réponses satisfaisantes à leurs aspirations. Dès lors, il nous faut chercher d’autres moyens que ceux qui faisaient jusqu’ à présent recette pour répondre à cette quête de spiritualité.

Au moyen âge et même au temps de Luther, c’était la crainte de l’enfer qui motivait les gens à entrer dans une quête spirituelle, puis les motivations ont changé au cours des siècles. Actuellement, dans ce pays déchristianisé, l’annonce de la Bonne Nouvelle du Salut par Grâce n’est plus opérante en elle-même. Sans doute est-ce davantage par les manifestations des effets que la Grâce exerce sur nous que nos contemporains peuvent être le plus interpelés. Liberté, foi en l’avenir, empathie pour nos prochains, dimension éthique qui nous est propre, tels sont les fruits de la Grâce que nous devons donner à voir. Il nous faut savoir montrer en quoi l’espérance évangélique donne sens à une vie. Probablement est-ce par là que se trouvent les nouvelles voies d’évangélisation à explorer ! Car je le crois, c’est bien le terme d’évangélisation qu’il nous faut savoir à nouveau employer !

La réflexion qui a conduit notre Conseil presbytéral à promouvoir le projet de transformation du Petit Temple s’inspire en partie de cette prise de conscience. Faire de ce temple un lieu culturel de rencontre et d’échange entre nous et l’ensemble de nos concitoyens nîmois mais également avec tous ceux que les hasards de la vie conduisent à Nîmes. Voilà bien pour nous une nouvelle et originale façon de semer. Même si l’annonce de la Parole n’y sera pas première, elle sera sous-jacente, car le visiteur sera incité à s’interroger sur les effets que cette Parole a pu avoir sur certains hommes (espace muséographique), mais également en quoi elle est agissante en nous, EPUN, ici et maintenant et à le conduire ainsi à une profonde réflexion pour lui-même. Si nous arrivons à faire qu’il en soit ainsi, alors nous aurons gagné notre pari.

Je conclurai maintenant en vous mettant au courant des avancées sur ce projet, sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années.


 

  1. L’aspect architectural :

Le Conseil Presbytéral a choisi le cabinet d’architectes qui doit conduire ce projet, il y aura deux ans en juin. Il s’agit, la plupart d’entre vous le savent déjà, mais peut-être d’autres l’ignorent encore, du cabinet Mary et Nègre situé rue Sainte Anne à Nîmes. L’architecte du cabinet avec qui nous sommes en relation est Monsieur Arnaud Nègre.

Ce cabinet a bien travaillé depuis et Arnaud Nègre envisage de déposer le permis de construire d’ici à fin avril. Cependant étant donné le classement du Petit Temple à l’inventaire des monuments historiques et les négociations en cours avec l’architecte des bâtiments de France, il faudra compter environ une année pour obtenir ce permis.


 

2) L’espace dit muséographique : la petite équipe qui s’en occupe a fait le choix de faire découvrir l’histoire du protestantisme à Nîmes au travers de figures emblématiques d’une époque. Le travail est très avancé sur ce plan. Des contacts ont été pris avec une entreprise locale compétente dans le domaine de la muséographie pour aider à la concrétisation du projet. Quelques arbitrages restent encore à prévoir.

3) Aspect juridique et financier : là encore les choses avancent.
Les études préparatoires au projet de création d’un espace culturel au Petit Temple ont été agréées par la Fondation du protestantisme. Cela veut dire que nous pourrons faire bénéficier les généreux donateurs qui soutiennent ou viendraient à vouloir soutenir ce projet, des avantages fiscaux prévus par la loi en la matière. Il leur suffit pour cela de faire un don à la Fondation du protestantisme en spécifiant son affectation à ce projet. Un appel à dons sera prochainement lancé. Nos juristes nous ont également bien aidé à avancer sur l’aspect juridique à donner à cette nouvelle structure. Quelques arbitrages doivent encore être effectués, mais l’essentiel est fait. En tout état de cause, tout sera fait pour que, quel que soit le type de gestion envisagée, l’Eglise protestante unie de Nîmes reste propriétaire des murs.

Le chantier est ouvert, l’assemblée générale est maintenant informée de l’importante période de réflexion engagée par notre Eglise afin de lui permettre de s’adapter aux profonds changements que traverse notre société. Cela est indispensable si nous voulons lui permettre de poursuivre sa mission. Affrontons cela avec dynamisme, optimisme mais également beaucoup de sagesse afin que nul ne se sente abandonné sur le bord de la route.


 

Bernard Cavalier.


 

 

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